inspiré du roman de Bertina Henrichs, «La Joueuse d'échecs»
un film tout en délicatesse qui pourtant pose les bonnes questions sur la vie de femme prise entre son métier, sa famille et sa réputation... quelle liberté?... même celle d'une passion, d'une amitié profonde...
Oui, un film qui parle d'amour... tout au long...
Et malgré tout.... la violence de l'homme apparait, son mépris aussi pour les femmes, ainsi avec cette scène conjugale où le mari veut montrer son pouvoir (après qu'on l'ait senti assez indifférent voir dépassé...)
ainsi également avec l'inscription au concours (1 femme ! de ménage...)
même le Docteur Kruger met un temps à accepter Hélène - elle doit "faire ses preuves"!
"La dame est la pièce la plus puissante...."
"J'ai bien le droit d'avoir un truc à moi pour une fois, non ?"
Sandrine BONNAIRE, l'actrice française que l'on ne peut oublier depuis SANS TOIT NI LOI; un vrai visage de femme!
Une bande musicale hallucinante
"quand on prends des risques on peut perdre, quand on en prends pas on perds toujours...."
La Carmen de Bizet est une femme que l'on peut trouver libre, celle de Mérimée ne l'est pas. Elle est libérée mais elle n'est pas libre, elle le sait ; de là cette tristesse lucide qui parfois la saisit . Dans cette construction imaginaire, on devine que la féminité, affaire d'homme, est arrachée à certains auteurs tels Mérimée, Flaubert ou Michelet.
" Le problème de la féminité vous préoccupe aussi puisque vous êtes homme. Pour les femmes qui se trouvent parmi vous, la question ne se pose pas puisqu'elle sont elles mêmes l'énigme dont nous parlons " ! S. Freud. La féminité[16]
Si la féminité est une affaire d'homme, cela vaut surtout pour les écrivains. Ce dont ils se départissent dans les personnages, de Marguerite à Carmen, renvoie les hommes à… leur ouvrage, comme on disait autrefois de la couture ou de la tapisserie, c'est à dire au risque d'une ambiguïté sexuelle exposée dans l'œuvre. Dans le chapitre deux, juste avant de mettre symboliquement José à mort, en lui jetant entre les deux yeux sa fleur de cassie, Carmen lui dit : " allons, mon cœur, fais moi cette aune de dentelle noire pour une mantille, épinglier de mon âme ! "
Pouvons nous étouffer le vieux, le long remords (---) Dis le moi belle sorcière, oh ?
Tu m'as dit : si tu m'écris, Ne tape pas tout à la machine. Ajoute une ligne de ta main, Un mot, un rien, oh ! pas grand-chose. Oui, oui, oui, oui, oui, ou, oui, oui. Ma Remington est belle, pourtant. Je l'aime beaucoup et travaille bien. Mon écriture est nette, est claire, On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée, Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire. Vois donc l'oeil qu'a ma page. Pourtant, pour te faire plaisir, j'ajoute à l'encre Deux trois mots Et une grosse tache d'encre, Pour que tu ne puisses pas les lire.
Il y a des choses que je ne dis a Personne Alors Elles ne font de mal à personne Mais Le malheur c'est Que moi Le malheur le malheur c'est Que moi ces choses je les sais
Il y a des choses qui me rongent La nuit Par exemple des choses comme Comment dire comment des choses comme des songes Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes
Il y a des choses qui me sont tout à fait Mais tout à fait insupportables même si Je n'en dis rien même si je n'en Dis rien comprenez comprenez moi bien
Alors ça vous parfois ça vous étouffe Regardez regardez moi bien Regardez ma bouche Qui s'ouvre et ferme et ne dit rien
Penser seulement d'autre chose Songer à voix haute et de moi Mots sortent de quoi je m'étonne Qui ne font de mal à personne
Au lieu de quoi j'ai peur de moi De cette chose en moi qui parle
Je sais bien qu'il ne le faut pas Mais que voulez-vous que j'y fasse Ma bouche s'ouvre et l'âme est là Qui palpite oiseau sur ma lèvre
O tout ce que je ne dis pas Ce que je ne dis à personne Le malheur c'est que cela sonne Et cogne obstinément en moi Le malheur c'est que c'est en moi Même si n'en sait rien personne Non laissez moi non laissez moi Parfois je me le dis parfois Il vaut mieux parler que se taire
Et puis je sens se dessécher Ces mots de moi dans ma salive C'est là le malheur pas le mien Le malheur qui nous est commun Épouvantes des autres hommes Et qui donc t'eut donné la main Étant donné ce que nous sommes
Pour peu pour peu que tu l'aies dit Cela qui ne peut prendre forme Cela qui t'habite et prend forme Tout au moins qui est sur le point Qu'écrase ton poing Et les gens Que voulez-vous dire Tu te sens comme tu te sens Bête en face des gens Qu'étais-je Qu'étais-je à dire Ah oui peut-être Qu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on aille Où donc Même cela c'est trop Et je les garde dans les dents Ces mots de peur qu'ils signifient
Ne me regardez pas dedans Qu'il fait beau cela vous suffit Je peux bien dire qu'il fait beau Même s'il pleut sur mon visage Croire au soleil quand tombe l'eau Les mots dans moi meurent si fort Qui si fortement me meurtrissent Les mots que je ne forme pas Est-ce leur mort en moi qui mord
Le malheur c'est savoir de quoi Je ne parle pas à la fois Et de quoi cependant je parle
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents: je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. -Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Cendrillon pour ses vingt ans Est la plus jolie des enfants Son bel amant, le prince charmant La prend sur son cheval blanc Elle oublie le temps Dans son palais d'argent Pour ne pas voir qu'un nouveau jour se lève Elle ferme les yeux et dans ses rêves Elle part, jolie petite histoire (2x)
Cendrillon pour ses trente ans Est la plus triste des mamans Son bel amant a foutu l'camp Avec la belle au bois dormant Elle a vu cent chevaux blanc Loin d'elle emmener ses enfants Elle commence à boire A traîner dans les bars Emmitouflée dans son cafard Maintenant elle fait le trottoir Elle part, jolie petite histoire (2x)
Dix ans de cette vie ont suffit A la changer en junkie Et dans un sommeil infini Cendrillon voit finir sa vie Les lumières dansent Dans son ambulance Mais elle tue sa dernière chance Tout ça n'a plus d'importance Elle part Fin de l'histoire
Notre père qui êtes si vieux As-tu vraiment fais de ton mieux Car sur la terre et dans les cieux Tes anges n'aiment pas devenir vieux